Par Singulier Pluriel, paru le 23 avril 2010
Catégories : culture • littérature • loisirs
Mots clefs : littérature, livre, roman
La grotte de Montignac, en Dordogne, a été découverte en 1940. Sur ses murs, de nombreuses représentations attestent la largeur du bassin de l’humanité. Située à Lascaux, cette grotte préhistorique est aujourd’hui conservée par le ministère français de la Culture et reste interdite aux visiteurs. Seulement, Normand de Bellefeuille semble posséder la clef qui permet de déverrouiller la mémoire de ce lieu; une clef qui permet de libérer la mémoire de sa tribu, dont il est le geôlier.
L’histoire est celle de quatre femmes, complices, obsédées par la même ambition: faire un pèlerinage à Lascaux pour y trouver la trace d’une origine depuis longtemps pétrifiée. Mais voilà , la célèbre grotte est fermée au public… Frustrées, elles rentrent avec un «très joli jeu de cartes à jouer» et trente diapos. C’est le début d’un mythe pour Simon, qui apprend l’usage du bluff avec ce «très joli jeu de carte à jouer», sur les genoux de sa mère. «Pour elles, se rappeler, c’est souffrir…» Pour elles, le poker, c’est la réconciliation. «Il en va de leur paix…» Pour Simon, c’est la promesse d’une place parmi les siens.
Dans ce roman, «Un poker à Lascaux», Normand de Bellefeuille mesure l’importance du lien filial dans le prolongement familial. Il donne la parole aux femmes qui ont embrassé son enfance. Ayant pour titre «Lascaux», une ébauche de ce roman a été publié par Les Herbes Rouges, en 1985: l’écrivain retourne dans son antre et retrouve l’inspiration, disposé à élaborer rigoureusement un texte culminant, «comme s’il s’agissait toujours du dernier…»
Réponse à la lecture de: «Un poker à Lascaux», Normand de Bellefeuille, roman, Québec Amérique 2010.