Eileen Lohka; cinq nouvelles évocatrices

Par Singulier Pluriel, paru le 17 avril 2010

Catégories : culturelittératureloisirs

Mots clefs : littérature, livre, Lohka, nouvelles

Née à l’île Maurice, Eileen Lohka enseigne maintenant la littérature franco graphique à l’Université de Calgary. Sur les pas de Marcelle Lagesse, elle compose avec les «mots d’aujourd’hui», qui «rejoignent ceux d’alors pour créer un tissu inextricable de sons et de sentiments», les mots qui «transcendent le temps et l’espace pour faire revivre ce qui fut et qui, trame de mémoire, vibre encore dans la réalité du présent.»

«C’était écrit»; un recueil dans lequel Eileen Lohka avoue cinq fois être une femme. «Fatima» est un premier aveu, chuchoté le long d’un couloir, vers une porte qui s’ouvre sur l’amour inabordable. Ce sont des yeux noirs qui viennent ensuite troubler l’identité de Madeleine, lors d’une traversée, à l’âge des colonies: «Théodore», à bord d’une frégate, au large de l’île de Groix, en partance pour l’Isle de France, vers l’Isle Grande, par la mer des Indes, en 1721. Le thème pondérateur de l’exil soutient l’action d’une troisième nouvelle, «À l’état sauvage», un texte dur et grave… «Est-ce la mort ou la vie qu’elle enfante?» Car l’exil, c’est aussi la mort: la promesse de ne plus jamais revenir. «La cruauté entraîne la cruauté, l’humanité fait défaut sur cette île.» C’est l’histoire des siens qui rejoint celle de cette île, empreinte d’un passé lourd, teinté de sang… Une dernière nouvelle, «L’Ange noir», dans laquelle Eileen Lohka relate avec humour le passage de l’ouragan Katrina dans la Big Easy, alors qu’une vieille dame, invalide, doit s’agripper à son lit et résister à «des rafales de 130 milles à l’heure…»

Des témoignages valables, ajoutés à la mémoire mauricienne. Naturellement, c’est écrit.

Réponse à la lecture de: «C’était écrit», Eileen Lohka, nouvelles, Interligne 2009.