Le château de dettes s’écroule – première partie : LA GRÈCE

Par Martin Michaud, paru le 20 mai 2010

Catégories : affairesfinancesgénéralité

Mots clefs : dette, FMI, Grèce, PIB, Québec

Le château de dettes s’écroule – première partie : LA GRÈCE

Ce n’est pas beau du tout. Lors des premiers jours de décembre 2009, le système d’alarme a retenti sur la planète économique : La Grèce est en grande difficulté.

Conséquence de la crise financière ou mauvaise gestion du pays? La Grèce était déjà très endettée avant la crise. Cette dernière avait un niveau de dettes au-dessus de 90 % de son PIB !

“Dans une étude sérieuse et récente, l’auteure de l’étude vient à la conclusion que, chaque fois qu’une dette totale d’un pays dépasse le niveau de 90 % de son PIB, la croissance économique se retrouve affectée puisque la ponction fiscale du gouvernement devient trop forte et une grande proportion des dépenses est affectée au paiement des intérêts sur la dette et pour la dette elle-même, ce qui décourage l’investissement et la consommation .Pour sa part, le Québec est à un niveau de 94 %, soit à peu près le même niveau que la Grèce avant la crise.”

Rendue à environ 115 % de son PIB, la dette de la Grèce n’est déjà plus tenable. Les créanciers son très inquiets et exigent des taux d’intérêt pharaoniques pour continuer à financer cette dette.

( En  comparaison, le taux offert par l’état de la Grèce est de 7.5 %, l’Allemagne qui représente une référence en Europe,  se finance à 3 %. Donc la Grèce se finance à 4.5 % de plus, alors que l’écart moyen entre les deux pays, dans les dix dernières années, était d’un maigre 0.34 %.)

Malheureusement ce financement ne suffit plus. La Grèce peine à vendre ses émissions d’obligations et devra être sauvée par l’Union Européenne et, ultimement, par le FMI.

La Grèce en est arrivée à ce point, compte tenu d’un laxisme budgétaire chronique et d’un système d’évasion fiscale quasi permanent, aidé, entre autres, par les paradis fiscaux. C’est cher le paradis fiscal !

Le monde économique assiste à une joute entre, d’un côté, un pays qui se débat et, de l’autre côté, des créanciers qui veulent leur argent. Le FMI est comme un arbitre.

Je pense que les différents acteurs économiques veulent faire de la Grèce un exemple pour prévenir les autres pays en difficulté que la partie ne sera pas facile. Il faut mentionner des pays comme l’Italie, le Portugal, l’Islande, l’Angleterre et un clin d’œil aux États-Unis qui dépensent sans compter, depuis deux ans. Les créanciers veulent aussi se faire la main, se roder, au cas où d’autres pays que la Grèce seraient aux prises avec la même situation, dans un avenir rapproché, et si, et surtout si, un gros pays tombe.

Espérons que la joute n’est pas déjà terminée…