Par Singulier Pluriel, paru le 1 mars 2010
Catégories : culture • littérature • loisirs
Mots clefs : Alice Ferney, Dans la guerre, livre, roman
Un homme, une femme, un enfant et un chien: ce casting évolue en France, au début du siècle dernier. Leur précieux bonheur est soudainement fragilisé par des rumeurs de guerre. Alors, mobilisés, les hommes garnissent le front stratégique et laissent derrière eux, confrontées à la douleur de la déchirure, des femmes esseulées et éplorées. Si la tragédie est humaine, qu’en est-il des bêtes?
Alice Ferney répond à cette question en soulignant d’abord le grégarisme accablant des humains, dans l’allégeance, puis la fidélité insistante des chiens, dans la constance. Son roman, émouvant et inoubliable, démontre l’obstination d’un chien à retrouver son maître, dans la guerre. Un long et périlleux périple, motivé par l’absolu, par la véracité, qui convie le lecteur à poser la question suivante: si le chien est le meilleur ami de l’homme, se pourrait-il que l’homme soit le meilleur ami du chien?
Aristote répond: «l’amitié est une âme en deux corps.» Donc, lorsque sont réunis deux corps, par l’amitié, l’âme fusionne et brille de tout son feu, vermeille, réfléchissant sa clarté comme le ferait une médaille de guerre, sous un soleil de plomb… Soit, «Dans la guerre» est un roman inspirant, dans lequel l’amitié se joue pile ou face.
Réponse à la lecture de: «Dans la guerre», Alice Ferney, roman, Actes Sud 2003.